Cette page est consacrée à deux instruments de musique que j'aime jouer par-dessus tout : le piano et l'harmonica diatonique.

Deux tailles complètement différentes : l'un tient dans la poche (devinez lequel), l'autre pèse 230 kg... Le piano est extrêmement populaire, l'harmonica est souvent considéré à tort comme un simple jouet. Pourtant, avec ces deux instruments, on peut interpréter des musiques avec des techniques époustouflantes permettant de s'exprimer de manière différente mais complémentaire et c'est ce que j'aime lorsque deux instruments se rencontrent : leur complémentarité.



Le piano, Roi des instruments

Le piano est un instrument à clavier inventé au début du XVIIIème siècle.

On connaît de nombreux ancêtres de cet instrument, comme le clavicorde, l'épinette, le virginal ou le clavecin. L'innovation du piano-forte est de pouvoir jouer de manière nuancée. En effet, le mécanisme du clavecin rend impossible le jeu piano, mezzo-forte ou fortissimo : on ne peut jouer qu'à un certain volume sonore. La création du piano-forte tient justement de cette capacité à jouer piano aussi bien que forte, d'où son nom. A la différence du clavecin où les cordes sont pincées grâce à un système de plectre placé dans un sautereau, le piano utilise un système de marteaux qui viennent frapper les cordes. Plus les marteaux vont vite sur la corde, plus le son est fort. Cela paraît évident et l'on peut se demander pourquoi il a fallu attendre le XVIIIème siècle pour l'inventer alors que les premiers instruments à clavier datent du Moyen-Age, mais pour transformer un mouvement vertical en mouvement horizontal avec une telle précision de jeu, avec un rendu aussi magnifique, il fallait avoir les talents d'un facteur d'instruments à clavier tel que le célèbre Bartolomeo Cristofori pour avoir songé à un tel mécanisme. Le premier piano-forte, construit à Florence par Cristofori, date de 1709. Ce sont les innovations suivantes, jusqu'au XIXème siècle, qui transformèrent l'invention génialissime de Cristofori en l'instrument que l'on connaît sous diverses formes : piano droit, piano à queue et, plus ancien mais plus facilement transportable, le piano carré. Aujourd'hui, d'excellents pianos droits rivalisent de beauté avec les plus beaux pianos à queue. Le mien est un SEILER 132 KONZERT qui, pour les avoir essayés, sonne mieux qu'un queue YAMAHA C1 et presque aussi bien qu'un droit STEINWAY AND SONS dont le prix est pourtant le double de celui du SEILER !

Le piano est souvent nommé "le Roi des instruments" car on peut presque tout jouer et surtout, il est tout à fait possible de le jouer seul sans qu'il paraisse manquer quelque chose. En effet, avec la main gauche, on peut faire sonner de belles basses, tandis que l'harmonie est répartie entre les deux mains et que la mélodie est jouée avec la main droite. Ainsi, on peut faire sonner au piano des partitions initialement écrites pour l'orchestre ! C'est ce que l'on appelle une réduction. Mais ce n'est pas du tout réducteur de jouer au piano une pièce orchestrale. Bien entendu, on n'aura jamais les sons de l'orchestre, même au synthétiseur, mais on peut faire passer les sentiments recherchés par le compositeur et parfois même faire penser aux instruments de l'orchestre rien qu'en entendant le piano. De nombreux professeurs de musique classique, grands pédagogues, enseignent l'interprétation de pièces d'orchestre au piano en incluant dans le jeu pianistique des phrasés d'autres instruments.

De nombreux compositeurs ont écrit spécifiquement pour le piano. Les pièces que je préfère sont :

les sonates n°14 & n°21 de Ludwig Van Beethoven ;
les Scènes d'Enfants de Robert Schumann ;
le nocturne opus 9 n°2 de Frédéric Chopin ;
la Canzonetta de Dussek (le morceau que j'ai joué à l'épreuve du baccalauréat);
le "Doctor Gradus Ad Parnassum" et "Le Petit Nègre" de Claude Debussy ;
les ragtimes de Scott Joplin ;
Ruby My Dear de Thelonious Monk...

Le piano a bien sûr sa place à l'orchestre mais, quand il ne joue pas seul, c'est en trio de jazz que je le préfère : accompagné d'une contrebasse, le pianiste a toute latitude pour placer des accords magnifiques, ouverts ou serrés, tendus ou parfaitement consonants et il peut s'amuser à rythmer son jeu en accord avec la batterie.
De très grands interprètes ont magnifié cet art du trio et je citerai deux d'entre eux :

Brad Mehldau pour son ingéniosité ;
Diana Krall pour la beauté de son apparente simplicité.

Beaucoup plus modestement, je vous propose de m'écouter jouer mes airs favoris - enfin, quelques-uns d'entre seulement - en vous rendant ici.

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L'harmonica diatonique, un instrument méconnu

L'harmonica est un instrument très particulier. Ce n'est pas un aérophoneinstrument nécessitant un souffle d'air pour produire du son comme les autres : pour produire du son, on peut souffler mais aussi aspirer ! Comme le dit si justement Jean-Jacques Milteau, c'est un instrument à travers lequel on "respire". Très peu d'aérophones utilisent cette technique. Pourtant, ce système ne date pas d'hier ! David et Gérard Herzaft, dans leur merveilleux ouvrage Le livre de l'harmonica, datent l'apparition du khêne avant le Vème siècle après Jésus-Christ. Comme l'harmonica aujourd'hui, il utilise le principe de l'anche libre qui permet au musicien d'obtenir deux sons en soufflant ou en aspirant dans la même ouverture. Enfin, deux sons... En fait, l'harmonica peut nous permettre d'obtenir beaucoup plus que deux sons dans chacune de ses ouvertures et c'est ce qui fait selon moi tout l'intérêt de l'harmonica diatonique et son exceptionnelle originalité. En effet, alors que l'harmonica connu sous sa forme actuelle date du XIXème siècle, un instrument destiné alors à jouer de la musique folklorique, sa récupération par les musiciens de country et - surtout - les musiciens de blues a permis de mettre au jour de nombreuses techniques permettant d'obtenir des notes non prévues ! Ainsi, pour faire sonner un harmonica diatonique en blues, utilise-t-on souvent des techniques regroupées sous le terme générique "bending" qui permettent de jouer des notes qui n'existent pas à l'état naturel sur l'instrument !
Ces techniques révolutionnaires ont permis de populariser l'instrument. De nombreux artistes, dans de nombreux styles, ont su s'en emparer et ont fait encore progresser le bending avec l'overbending...

Voici quelques exemples de styles que l'on peut jouer à l'harmonica diatonique :


Un grand classique de l'harmonica diatonique :
l'imitation du train à vapeur
! :o)



Un autre effet sympathique : le jeu en "octave-split" permet
d'imiter le son pourtant très riche de l'accordéon diatonique !



"What A Wonderful World" que j'ai interprété à
L'Utopia,
le célèbre café parisien, en guise d'ouverture du concert
de fin de stage organisé par un Greg Zlap satisfait
que l'on voit dans l'ombre à la fin du morceau.



"O Law Jig", une gigue irlandaise composée
par
Jean-Jacques Milteau !



"Doublecrossed And Blue" de
Steve Baker
que je joue sur l'accompagnement du CD de la méthode
"Blues Harmonica Playalongs Vol.1" de Steve Baker...
Un ouvrage sensationnel !



"Bank Of The Ohio" que j'interprète avec l'accompagnement
du CD de la méthode "HARMONICA COUNTRY vol.1"
de
David Herzhaft.



"Moody" que j'interprète avec l'accompagnement du CD de la
"Méthode Complète Harmonica diatonique & chromatique"
de
Jean-Jacques Milteau et Greg Zlap.



"Jingle Bells" que je bluesifie un peu...


Afin de vous donner un autre aperçu de ce que l'on peut obtenir de cet instrument, je vous propose de déguster la musique de quelques grands noms de l'harmonica :

L'extravagant Peter Madcat Ruth ;
L'énergique Greg Zlap, mon ancien professeur et ami qui tourne avec Johnny Hallyday et dont le talent n'est plus à démontrer ;
L'inventif Sébastien Charlier, un jazzman époustouflant...
Notre Maître à tous, Jean-Jacques Milteau, LA référence française.


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Mes sources...

L'image du clavicorde est un montage que j'ai réalisé d'après la photograpie de ce clavicorde et de cette image de l'espace.
Voici où j'ai trouvé les photographies de :
l'épinette ;
ce double virginal ;
ce clavecin à deux claviers ;
ce protrait en pied de Bartolomeo Cristofori ;
ce piano STEINWAY AND SONS ;
ce piano-forte.
Voici où j'ai trouvé la photographie du concours de joueurs de khêne, mais aussi :
ce magnifique piano droit SAMICK avec marqueterie d'inspiration Salvador Dali (Les Montres Molles) ;
ce piano BOSENDORFER ;
le piano carré, de marque ERARD, de fabrication parisienne (Cocorico) dont vous trouverez la photographie sur le site de CULTURE LOIRE-ATLANTIQUE ;
le piano à queue YAMAHA C1 a été trouvé chez les pianos HANLET ;
enfin, voici la photographie du piano droit SEILER.

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