La plupart du temps, quand je compose, je pense à une image ou une scène de la vie courante ou imaginaire à laquelle j'associe des instruments de musique ou des ambiances. Ainsi, mon travail de composition est toujours en lien avec les instruments pour lesquels j'écris et c'est toujours en fonction de l'ambiance que je veux suggérer que j'écris mes lignes de notes.
Parfois, j'aime reprendre un morceau qui me plaît et tenter d'en faire autre chose. C'est cela que l'on appelle "arrangement" : reprendre une ballade et en faire un rock endiablé ou partir d'une valse pour en faire un reggae... L'arrangement diffère de l'orchestration qui est en fait une étape obligée du travail de l'arrangeur : si l'on veut faire jouer une chanson des Beatles par un petit groupe de jazz, on peut essayer de prendre n'importe quel instrument, mais le résultat sonore risque d'être surprenant ! C'est pourquoi il est préférable de passer par la phase "orchestration". C'est d'ailleurs un gain de temps énorme de bien choisir les instruments pour lesquels on veut écrire car les méthodes d'écriture pour une contrebasse ou un saxophone ne sont pas les mêmes : il faut savoir écrire des tablatures, lire dans toutes les clés, connaître la liste des instruments transpositeurs et la tessiture de chacun d'eux.
Certains compsiteurs ne savent pas arranger leurs mélodies tandis que d'autres se spécialisent, dans le domaine de la musique pour l'image, dans l'arrangement musical de scènes de crime, de poursuites en voitures ou de scènes d'amour...
Son nom ne vous évoque peut-être rien, c'est pourtant lui que l'on avait surnommé Le Cinquième Beatle. Et pour cause : ses connaissances en composition classique et son ingéniosité ont permis aux Quatre de Liverpool de laisser libre cours à leur créativité :
Jusqu'en 1965, les Beatles se contentèrent de perfectionner et de synthétiser les recettes éprouvées du rock'n'roll. A partir de cette année-là, ils malaxèrent et disloquèrent le rock, remettant en question chacune de ses conventions. Au milieu de la décennie, ils ne tiraient plus leur inspiration
de Buddy Holly, mais de Karlheinz Stockhausen , le compositeur électronique allemand et de Ravi Shankar, le joueur indien de sitar classique. Ils expérimentèrent de nouveaux rythmes et de nouvelles techniques d’enregistrement, réinventèrent le concept d’album pop, et, par leur abandon de la scène au profit des studios, changèrent à jamais l’image que le public avait des « Rock stars ». Leur imagination débridée transforma la musique pop. Dès le début, ils furent déterminés à éviter les clichés, que ce soit dans les paroles, les rimes ou les changements d’accords. Ils inventaient de nouveaux genres de chansons et croyaient que, s’ils étaient capables d’imaginer quelque chose, alors George Martin pourrait transférer cette idée sur une bande magnétique.
L’explosion de leur créativité durant la seconde moitié de la décennie est due au fait qu’ils ne se reconnaissaient aucune limite. Des accidents comme un feed back en studio ou un glissement de bande étaient immédiatement digérés et incorporés dans leurs créations. Des paroles improvisées qui n’avaient aucun sens étaient conservées parce qu’elles sonnaient mieux que le texte original. Les chansons étaient tirées de titres de journaux, de bribes de conversation, d’affiches, de messages publicitaires, de pamphlets religieux, de rêves, ou de leur courrier. En studio, ils exigeaient l’impossible et, généralement, l’obtenaient : « Donne à ma voix l’effet d’un chœur de mille moines bouddhistes , s’il te plaît, George. » ; « Trouve-moi un son de piccolo comme celui que j’ai entendu hier soir dans le concerto brandebourgeois, s’il te plaît, George. » ; « Prends ces deux chansons inachevées et fais-en une nouvelle, s’il te plaît, George. » . Leur talent explosait. John et Paul avaient commencé par griffonner des textes dans des cahiers d’écolier en rêvant qu’ils étaient Leiber et Stoller ou Rodgers & Hammerstein : ils étaient maintenant plus célèbres que leurs idoles.
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(L’intégrale Beatles, Steve Turner, Editions Pocket - 1994)